Le deuxième mouvement, et une difficulté d'un autre ordre. L'orchestre fait ici appel et réponse, et Yvette répond à des musicien·ne·s qui ne sont pas dans la pièce. "C'est tellement difficile d'aligner le feeling quand on ne voit pas les gens. Il faut être un peu psychique."
La solution de contournement, c'est la "scratch guitar" de la session à Brooklyn, montée assez fort pour maintenir le rythme. Ça change immédiatement sa façon de jouer : "c'est fou comme ça m'a fait jouer différemment." Ça soulève aussi la question qui plane sur toute la session. Dans un autre monde, elle aurait été dans une cabine d'isolation avec l'orchestre et cette première prise aurait été le disque. Mais alors il n'y aurait aucune option, et cette série porte sur ce que ces options vous apportent.
Ensuite, c'est du travail sur le son et une honnête autocritique. Conserver une prise mais supprimer le passage qui s'y trouve. Enlever le delay pour que les accords se verrouillent mieux. Suivre la rugosité à travers la chaîne pour découvrir que c'est la Ruby depuis le début : "ça sonne comme des bonbons." Puis la dernière couleur, la section flottante qu'on ajustera dans le mix plutôt que de la rejouer, et l'effet sonore conçu pour engloutir l'accord final et se prolonger jusque dans le mouvement suivant.